Atelier d’écriture chez Christiane

Je traverse le jardin public. Les oiseaux chantent. Le soleil joue avec la frondaison des grands arbres. Les enfants crient, rient, pleurent…
L’air est léger, comme insouciant du temps qui passe.

Dans cet endroit, l’agitation du monde extérieur s’est arrêtée au portillon d’entrée. Ce portillon métallique, un peu rouillé, que l’on pousse et qui claque dans votre dos. Il sert à empêcher les petits de s’éloigner de trop, mais il est trop bas, avec sa barrière attenante pour empêcher les ballons de se sauver.
Et ce qui devait arriver arrive, je vois un ballon passer en hauteur, devant moi, et atterrir dans la rue. Derrière court une petite bonne femme de 6 ou 7 ans. Elle est rouge et échevelée. Sa jupe est maculée de la boue que le ballon a projeté en tombant dans une flaque. Elle s’arrête devant moi en regardant le portillon et le ballon.
Pour moi, c’est un choc. Je la connais, cette petite fille. Je la connais bien et je sais à l’avance ce qu’elle va me dire. C’est effrayant.
Cette petite fille, c’est moi. Moi, mais il y a 50 ans.
Je me pince et me raisonne. C’est sûrement un sosie.
Alors, elle tourne les yeux vers moi, me regarde avec insistance et parle. “Anne, tu le sais, Maman ne veut pas que je sorte du jardin. Mais là, tu vois, c’est mon ballon. Toi, maintenant, tu es grande, tu peux aller le chercher. Tu veux bien, dis ?”
Je reste bouche bée.
Je la regarde. Elle est volontaire, un rien effrontée et frisée. Il n’y a aucun doute, c’est moi.
Je lui demande : “Me connais-tu ? Comment connais-tu mon nom ?”  Elle rit d’un rire perlé et léger. “Je ne sais pas, mais tu es Anne, non ? Dis, va me le chercher. Je vais encore me faire disputer. Tout ça à cause de ce grand benêt qui l’a fait exprès. Si je perds mon ballon, on me dira “tant pis pour toi, tu n’avais qu’à faire attention à tes affaires” et si je vais le chercher, on me punira pour avoir désobéi. Alors, s’il te plait, va le chercher.”

J’obtempère, franchis le portillon dans l’autre sens et rapporte le ballon dans le jardin. “Comment t’appelles-tu ?” demandais-je à la petite fille en lui rendant son ballon. Elle me regarde d’un air étonné. “Tu ne sais pas ? Ben Anne, comme toi.”‘ Et elle repart en courant, poussant le ballon du pied vers le centre du jardin.

Je reste abasourdie et étonnée. Au bout de quelques minutes, pour en avoir le coeur net, je me dirige vers le centre du jardin. Je vois des enfants. Ils jouent, les uns à la marelle, les autres sur le toboggan. Quelques garçons se font des passes avec le ballon que j’ai été chercher.
Mais de Anne, point.
Petite fille fugace ou vision furtive. Je reste dans l’expectative. Ai-je rêvé ou me suis-je réellement rencontrée ?

20 mars 2009

Depuis bientôt deux ans, je rejoins régulièrement l’atelier d’écriture animé par Christiane Wronksi à Bonnay. Rares sont les absents…
En fait, si pendant ma scolarité, il m’arrivait de rechigner à rédiger un devoir, là, quand je suis retenue ou absente, je me désole de ne pas pouvoir me creuser les méninges à pondre des textes avec tout le groupe de l’atelier !

Hier après-midi, Christiane nous avait concocté un bon programme, comme à son habitude.

La première proposition était un exercice sur la mémoire : les voix de notre enfance, les souvenirs qui y sont attachés. Deux des textes lus m’ont touchée et fait sourire. Celui de Nathalie entre autre.
La deuxième proposition était un exercice sur l’imaginaire, mais un imaginaire qui rejoindrait la mémoire. Sujet : rencontre avec la petite fille que j’ai été.
Alors, je vous ai proposé mon texte. J’aimerai aussi pouvoir vous faire lire celui de Marie-Jeanne qui m’a beaucoup émue.

Vous  pourrez peut-être bientôt lire d’autres textes, avec l’accord de leurs écrivains…

Christiane anime plusieurs ateliers d’écriture. A Vesoul, au Croquant de Verne : un salon de thé-bouquiniste situé 3 place du Grand Puits. Les biscuits y sont fort bon et j’ai bon souvenir du thé original que j’y ai pris. Ou à Bonnay, Fondremand, Ornans et Paris.

Christiane Wronski – Atelier d’écriture des sept rivières : 03 81 57 84 09

27 juin 2008

Depuis que je me suis installée ici, j’ai découvert une activité que je n’avais pas eu le temps d’exercer pendant ma vie professionnelle : l’atelier d’écriture. Ce soir, vendredi 27, nous avons eu notre dernière séance de l’année.
Parmi d’autres thèmes, notre animatrice, Christiane, nous a proposé d’écrire sur les métaphores des quatre éléments. L’énoncé de l’exercice était : Avec quel élément notre imaginaire est-il le plus en concordance: air, terre, eau et feu.

Même si je suis hors sujet car je suis loin de l’imaginaire, vu les circonstances, je vous propose mon texte :

J’habite une grande et vieille maison, qui, jusqu’à aujourd’hui, n’avait pas de chauffage central.
Mais depuis ce matin une chaudière trône dans un ancien garage rebaptisé Chaufferie avec un C majuscule.
Quand j’ai vu le camion manoeuvré dans la cour où l’équipe de plombier le guidait, j’ai couru chercher mon appareil photo pour immortaliser l’instant magique où la maison gagnait en modernité et confort.

La livraison de la chaudière est l’aboutissement d’une longue réflexion. Choisir l’énergie qui va nous chauffer, réchauffer et réconforter sans nous ruiner est une opération complexe. Il y a tant de paramètres qui entrent en compte et tant d’énergies à analyser et aussi tant d’impondérables à évaluer, comme la profondeur de mon porte-monnaie ou le poids de mon bas de laine.
Pour me chauffer, j’aurais pu choisir l’air. J’aurais bien aimé. Mais les contraintes de la rénovation rendaient cette énergie compliquée à utiliser. En soufflerie, le nombre de pompe à chaleur Air/Air aurait été trop important et je craignais le désèchement des meubles. En pompe à chaleur Air/Eau, la surface des radiateurs aurait été trop importante pour bien s’intégrer dans les pièces. Et qui plus est, dans nos régions, l’air froid peut être réellement très froid, et l’économie s’en trouve affectée.

J’aurais pu aussi choisir l’eau. J’ai même fait venir deux sourciers. L’un m’a dit que j’avais assez d’eau en souterrain pour envisager l’installation d’une pompe à chaleur Eau/Eau, l’autre m’a dit le contraire… J’aurais pu choisir un autre liquide, tel que le fuel. Mais là, ce sont les prix qui flambent et j’ai craint de ne pas avoir une retraite suffisante pour me chauffer dans mes vieux jours.

J’aurais pu choisir la terre. Mais il m’aurait fallu jouer au loto pour financer les puits de géothermie.
J’aurais pu choisir le feu du soleil. Mais, question rentabilité, ce n’est pas encore ça. Le retour sur investissement est beaucoup trop long.

Alors, j’ai choisi le feu du bois. Mon signe astral est, m’a dit Henriette, le feu qui règne. Alors qu’est-ce qui y ressemble le plus qu’un feu de bois vigoureux et chaleureux, un feu de bois qui dure jusqu’à vingt heures sans le recharger, qui brûle et rebrûle les gaz de combustion et les cendres…
Donc, depuis ce matin, je vais pouvoir dompter le feu dans la Chaufferie, lui dire de chauffer mon ballon d’eau sanitaire, ou le circuit de chauffage central, lui ordonner de brûler tout doux ou puissamment.
Et ce feu de bois aidera, l’hiver venu, à rendre ma maison chaleureuse et accueillante.

Ce que notre groupe de l’atelier d’écriture n’aura pas vu, ce sont les photos que voici :

* Descente de la chaudière du camion

*

*

*

*

*

*

*

Mise en place de la chaudière dans la Chaufferie

à droite, en blanc, le ballon d’eau chaude sanitaire de 500 litres, chauffage mixte électricité ou chaudière bois bûche.

*

*

*

*

*

*

*Descente du camion du ballon tampon de 1 800 litres, servant de réserve d’eau chaude du circuit de chauffage central

*

*

*

*

*

La chaudière est de marque FRÖLHING, type FHG turbo3000-40 puissance 40 W

Elle a été mise en place par la sympathique équipe de plombiers de l’entreprise POUGET SARL, basée à Rioz.