Un an déjà !

J’ai ré-emménagé dans la maison principale, après les travaux, le 15 août 2008.

Et j’ai accueilli mon premier hôte fin août 2008.

A l’époque, si les meubles étaient bien en place, il restait un certain nombre de cartons non défaits.  Quelques pièces étaient encore bien encombrées, même si les chambres étaient déjà prêtes.

Aujourd’hui, après une année, je peux faire un premier point.

ET JE SUIS TRÈS CONTENTE. Ça, c’est le premier point positif !

Du passage, il y en a eu, même si entre août 2008 et avril 2009, le lieu était plutôt confidentiel et enseigné seulement par le bouche à oreille – merci Cécile, merci Catherine, merci Jean-Pierre !

En décembre 2008, j’ai créé ma première page internet sur le site de Amies en France-Comté. En janvier 2009, Le Relais du Passe-Heures a été labellisée 3 épis Gîtes de France et  j’ai débuté la distribution de plaquettes. Les mois suivants, je me suis inscrite auprès des offices de tourisme environnant : Besançon, Vesoul, Rioz, Rougement, Villersexel.

Et depuis le printemps, je peux compter sur les doigts d’une main les fins de semaine où la maison était vide ! Et nombreuses ont été les périodes où j’ai dû répondre “désolée, je n’ai plus de disponibilité pour cette période”. N’empêche, la première fois où j’ai annoncé “Complet”, j’étais drôlement émue et contente ! C’est à ce moment-là que j’ai eu pleinement conscience que mon projet de création de chambre d’hôtes aboutissait à quelque chose de positif : deuxième point positif !

Émotion aussi, le premier soir où j’ai accueilli en table d’hôte. Faire la cuisine, ce n’était pas la première fois. Choisir un menu non plus. Recevoir, avoir une grande table non plus également. Mais servir des hôtes payant leur repas : je n’avais pas le droit à l’erreur ! Alors, quand à la fin du repas, chacun a quitté la table en me félicitant et remerciant, oui, j’étais contente ! : troisième point positif !

Et puis, quand un hôte arrive juste pour une soirée étape, qu’il s’installe, qu’il dîne puis me demande s’il peut rester plusieurs jours : contentement… Cela m’est arrivé plusieurs fois cet été, avec des couples d’étrangers qui avaient trouvés mon adresse en passant à l’office de tourisme de Vesoul : encore un point positif !

Alors, c’est vrai que, en pleine saison, le travail ne manque pas et je dois avoir une organisation sans faille. Il m’est arrivé une fois de ne pas pouvoir faire face et de refuser du monde un soir parce que je n’avais pas eu le temps de refaire les chambres. J’étais embêtée, mais j’ai pensé que mieux valait ne pas recevoir que de mal recevoir…

Des regrets – oui, quelques uns comme :
- ne pas avoir eu le temps de faire des articles pour annoncer les manifestation locales : le carnaval de Rioz en avril, la marche du lever du jour à Larians en juin, les journées artisanales et artistiques de Fondremand en juillet, le plus grand vide-grenier de la région à Rougemont fin juillet, et j’en passe !
- ne pas avoir eu le temps de mener à bien le référencement de mon site…
Mais aucun regret quand au choix que j’ai fait de m’installer à Cenans pour y ouvrir des chambres d’hôtes…


Pour Marie-Jeanne, la rencontre avec la petite fille qu’elle a été a donné ce beau texte :

Une petite voix surgit du jardin :
« Madame, poussez la porte très fort ! » La vieille dame parvient enfin à ouvrir la grille et à pénétrer dans le jardin. Une petite fille se balance au portique planté au beau milieu du jardin. En s’approchant, la vieille dame reconnaît  la chevelure abondante et crépue, les boucles, les yeux gris bleus, l’air décidé : c’est elle…
« Tu veux que je te pousse ? »
- Oh oui !
Et la petite fille s’élance de plus en plus haut et rit de plus en plus fort. « Vous voulez voir maman, elle est dans la maison » Non, la vieille dame ne veut pas voir sa mère.

Elle voulait dire à la petite fille que…

«Je connais cette maison. J’y ai habité quand j’avais ton âge.
- Et alors, elle était comment ?
- Comme maintenant.  Avec son jardin de fleurs devant et son potager derrière.
- Vous jouiez de l’harmonium ? Il y a l’harmonium de mon grand-père dans la salle à manger
- Est-ce que tu en joues, toi ?
- Oh non, je ne sais pas. Je sais juste faire marcher les soufflets avec mes pieds et appuyer sur n’importe quelles touches pour faire de la musique, mais maman dit que je lui casse les oreilles
- Alors, moi non plus, je ne savais sûrement pas
- Vous savez ce qu’elle nous fait de bon, Betti ?
- Je sais…Oh oui ! Des profiteroles au chocolat, remplies de crème au goût de paradis, comme le rappelle toujours ton père. »
La petite fille saute de la balançoire presqu’en plein vol et regarde la vieille dame avec amusement et incrédulité.
« Venez, il y en a dans la pièce fraîche à côté de la cuisine. Plein un plat. Venez, regardez. Prenez en une. Betti les a faites ce matin, très tôt, avant que nous nous levions. C’était pour le dessert. Il en reste…Goûtez. »

Le temps est suspendu… La vieille dame voudrait dire à la petite fille que…

« Tu n’es pas à l’école ?
- Mais non, c’est jeudi, vous ne savez pas ?
- J’ai oublié…depuis si longtemps….
- Vous savez qui m’emmène à l’école ?
- C’est Sussu, tu l’aimes bien. Dimanche elle t’a donné une belle image de sa Première Communion. Tu vas aller te baigner dans la rivière, te promener à la chènevière  aujourd’hui?
- Comment vous devinez tout ça ?
- Parce que, dans la chènevière, j’y ai passé tant d’après-midi d’été. On nous interdisait de jouer dans le potager pour que nous ne risquions pas de piétiner les rangées de légumes et nous allions dans la chènevière quand nous étions las de jouer dans le jardinet devant la maison.
- A moi aussi on m’interdit d’aller jouer à la cachette dans le potager. La chènevière, c’est tout près d’ici. Venez y jouer à l’attrape avec moi, faire des galipettes dans l’herbe, le pré est en pente, on roule à toute allure et ça fait crier tata parce que on salit nos habits…
- Oh non ! J’ai bien trop peur ; je m’égratignais toujours les genoux et les jambes à ce jeu.
- Vous n’aimeriez pas aller vous baigner dans la rivière ? L’eau est froide, mais c’est rigolo, on fait peur aux poissons. » La vieille dame se souvient que l’eau la glaçait délicieusement.

Elle voudrait encore dire à la petite fille que…

« Tu n’aimerais pas découvrir une autre rivière que la Saône ?
- Oh non ! Je n’aime pas la géographie. Je m’embrouille dans les noms de fleuves et de rivières, et puis vous savez, avec les affluents, les confluents… Je me fais gronder parce que je mélange tout
- Pourtant tu vas découvrir la Loire et tu n’oublieras jamais cet étonnement.
- La Loire….Mais elle est loin ? Comment je vais y aller ?
- Regarde cette photo. La grille de ta maison est cadenassée, la porte d’entrée et les volets sont clos. Tu es partie avec tous les tiens.
- Mais je vais revenir, on ferme quelquefois la maison quand on va voir mes cousins, ma grand-tante. Mais on revient, ici c’est chez moi, on ne peut pas s’en aller »

La vieille dame voudrait expliquer à la petite fille que…

« Regarde cette autre photo, c’est un volcan.
- Un volcan ? Mais… il ne crache pas de feu…
- Les volcans d’Auvergne sont éteints depuis des millions d’années
- Ah oui, ça, je sais. Ils sont couverts de jolies prairies. Vous savez, le Mont Blanc, j’ai une photo dans mon livre ; il est couvert de neige, même en été tellement il y fait froid. Je voudrais que papa m’emmène voir les neiges éternelles.  Mais on reviendra. »

La vieille dame voudrait s’écrier que…

La voix à la TSF annonce :
« Les Allemands sont à Sedan »

La vieille dame se tait et regarde intensément la petite fille qui va oublier sa maison, son jardin, son école, la rivière, la chènevière, Sussu, la vieille Betti…. Elle la laisse toute à la joie enfantine et innocente qu’elle va éprouver de traverser la France, de découvrir la Loire, les volcans d’Auvergne, le merveilleux été dans une ferme du Puy de Dôme, puis d’habiter cette ville thermale à l’immense parc doré par automne, de baptiser un nouveau petit frère, d’aller dans une école vraiment pas comme les autres écoles, très haut perchée, sur les remparts : il faut monter 90 marches pour y arriver…

La voix à la TSF résonne encore :
« Les Allemands sont à Sedan …  »

Il faut fuir. On se hâte. On remplit le coffre de la voiture. On ferme les volets, la porte. On cadenasse la grille. On y est. On démarre. On s’en va.

On ne reviendra jamais.

La petite fille ne sait pas encore qu’elle vient de laisser sa petite enfance à la porte de cette maison.

La vieille dame, elle, savait…. Elle aurait voulu dire à la petite fille que…

Atelier d’écriture chez Christiane

Je traverse le jardin public. Les oiseaux chantent. Le soleil joue avec la frondaison des grands arbres. Les enfants crient, rient, pleurent…
L’air est léger, comme insouciant du temps qui passe.

Dans cet endroit, l’agitation du monde extérieur s’est arrêtée au portillon d’entrée. Ce portillon métallique, un peu rouillé, que l’on pousse et qui claque dans votre dos. Il sert à empêcher les petits de s’éloigner de trop, mais il est trop bas, avec sa barrière attenante pour empêcher les ballons de se sauver.
Et ce qui devait arriver arrive, je vois un ballon passer en hauteur, devant moi, et atterrir dans la rue. Derrière court une petite bonne femme de 6 ou 7 ans. Elle est rouge et échevelée. Sa jupe est maculée de la boue que le ballon a projeté en tombant dans une flaque. Elle s’arrête devant moi en regardant le portillon et le ballon.
Pour moi, c’est un choc. Je la connais, cette petite fille. Je la connais bien et je sais à l’avance ce qu’elle va me dire. C’est effrayant.
Cette petite fille, c’est moi. Moi, mais il y a 50 ans.
Je me pince et me raisonne. C’est sûrement un sosie.
Alors, elle tourne les yeux vers moi, me regarde avec insistance et parle. “Anne, tu le sais, Maman ne veut pas que je sorte du jardin. Mais là, tu vois, c’est mon ballon. Toi, maintenant, tu es grande, tu peux aller le chercher. Tu veux bien, dis ?”
Je reste bouche bée.
Je la regarde. Elle est volontaire, un rien effrontée et frisée. Il n’y a aucun doute, c’est moi.
Je lui demande : “Me connais-tu ? Comment connais-tu mon nom ?”  Elle rit d’un rire perlé et léger. “Je ne sais pas, mais tu es Anne, non ? Dis, va me le chercher. Je vais encore me faire disputer. Tout ça à cause de ce grand benêt qui l’a fait exprès. Si je perds mon ballon, on me dira “tant pis pour toi, tu n’avais qu’à faire attention à tes affaires” et si je vais le chercher, on me punira pour avoir désobéi. Alors, s’il te plait, va le chercher.”

J’obtempère, franchis le portillon dans l’autre sens et rapporte le ballon dans le jardin. “Comment t’appelles-tu ?” demandais-je à la petite fille en lui rendant son ballon. Elle me regarde d’un air étonné. “Tu ne sais pas ? Ben Anne, comme toi.”‘ Et elle repart en courant, poussant le ballon du pied vers le centre du jardin.

Je reste abasourdie et étonnée. Au bout de quelques minutes, pour en avoir le coeur net, je me dirige vers le centre du jardin. Je vois des enfants. Ils jouent, les uns à la marelle, les autres sur le toboggan. Quelques garçons se font des passes avec le ballon que j’ai été chercher.
Mais de Anne, point.
Petite fille fugace ou vision furtive. Je reste dans l’expectative. Ai-je rêvé ou me suis-je réellement rencontrée ?

20 mars 2009

Depuis bientôt deux ans, je rejoins régulièrement l’atelier d’écriture animé par Christiane Wronksi à Bonnay. Rares sont les absents…
En fait, si pendant ma scolarité, il m’arrivait de rechigner à rédiger un devoir, là, quand je suis retenue ou absente, je me désole de ne pas pouvoir me creuser les méninges à pondre des textes avec tout le groupe de l’atelier !

Hier après-midi, Christiane nous avait concocté un bon programme, comme à son habitude.

La première proposition était un exercice sur la mémoire : les voix de notre enfance, les souvenirs qui y sont attachés. Deux des textes lus m’ont touchée et fait sourire. Celui de Nathalie entre autre.
La deuxième proposition était un exercice sur l’imaginaire, mais un imaginaire qui rejoindrait la mémoire. Sujet : rencontre avec la petite fille que j’ai été.
Alors, je vous ai proposé mon texte. J’aimerai aussi pouvoir vous faire lire celui de Marie-Jeanne qui m’a beaucoup émue.

Vous  pourrez peut-être bientôt lire d’autres textes, avec l’accord de leurs écrivains…

Christiane anime plusieurs ateliers d’écriture. A Vesoul, au Croquant de Verne : un salon de thé-bouquiniste situé 3 place du Grand Puits. Les biscuits y sont fort bon et j’ai bon souvenir du thé original que j’y ai pris. Ou à Bonnay, Fondremand, Ornans et Paris.

Christiane Wronski – Atelier d’écriture des sept rivières : 03 81 57 84 09

Bonne fête Catherine

chapeAujourd’hui, sainte Catherine.

Alors bonne fête à toutes les Catherine, en particulier à toutes celles que je connais.

Je les invite, celles que je connais, à venir me voir à la même époque l’année prochaine, je leur ferai faire un tour à la Sainte-Catherine à Vesoul.

Un monument, la Sainte-Catherine, depuis 1295 parait-il… On y vend de tout, même des cochons, … de pain d’épice… 800 exposants annoncés pour cette année 2008. Une VRAIE grande foire.

Et en plus, un concours de chapeau de catherinettes. Traditionnellement, les compositions que portent les catherinettes doivent être verte pour l’espoir et jaune pour la fidélité et raconter ce qu’elles sont. Ces dernières années 40 ou 50 jeunes filles qui avaient 25 ans dans l’année ont concouru. Alors pourquoi pas vous ?

Si, l’année prochaine, Catherine que je ne connais pas, vous avez 25 ans dans l’année, venez concourir à Vesoul et présenter votre chapeau le plus original possible et si vous venez de loin, prenez contact avec moi pour organiser votre séjour franc-comtois…

Et si vous voulez vous donner des idées sur la tradition de la foire de la Sainte Catherine, vous pouvez aller sur le site : http://forum.cancoillotte.net/viewtopic.php?f=35&t=3818